En séance, il arrive souvent qu’une personne me parle d’une figure d’autorité dure, blessante ou violente : un parent, une figure parentale, un responsable, quelqu’un qui a humilié, écrasé ou fait peur.
Ce que ces expériences laissent en nous est réel. Et il n’est pas question de minimiser cela.
Mais parfois, quand le moment est juste, une autre lecture peut apparaître.
Par exemple, quand une personne me dit :
« J’ai été battu quand j’étais enfant. »
Je commence bien sûr par accueillir ce vécu. Puis, selon le moment et la manière dont la personne avance, je peux lui poser une question :
« Et vous, est-ce que vous battez vos enfants ? »
La réponse est souvent immédiate :
« Certainement pas. Je ne veux surtout pas qu’ils vivent ce que j’ai vécu. »
Et là, quelque chose devient visible.
La personne ne se voit plus seulement à travers ce qu’elle a subi. Elle commence parfois à apercevoir ce que cela a aussi façonné en elle : une attention particulière, une vigilance, une manière de protéger, une sensibilité plus vive à ce qui peut abîmer un enfant.
Cela permet de reconnaître quelque chose d’important : certaines personnes transforment une part de ce qu’elles ont traversé en une manière différente d’aimer, d’éduquer, de guider ou de protéger. Elles savent profondément ce qu’elles ne veulent pas transmettre, et cela devient peu à peu une ligne de conduite.
Traverser la tempête fait parfois de quelqu’un un spécialiste des tempêtes.

On le voit dans bien des domaines. Quelqu’un qui a connu la dépendance peut trouver les mots justes face à un adolescent qui commence à glisser. Quelqu’un qui a vécu la violence en repère très tôt les signes. Quelqu’un qui a traversé l’humiliation devient particulièrement attentif au respect et à la dignité dans ses relations.
Ce n’est pas une règle, évidemment. Certaines personnes reproduisent ce qu’elles ont vécu, d’autres s’en dégagent, d’autres encore oscillent longtemps entre plusieurs manières d’être. Mais il arrive aussi que l’épreuve donne une forme de lucidité particulière. Comme si la personne connaissait de l’intérieur certains mécanismes, certains pièges, certaines fragilités.
Alors elle peut parfois aider plus justement. Prévenir plus tôt. Protéger plus clairement. Dire à un plus jeune quelque chose qu’il pourra entendre, justement parce que cela ne vient pas d’une théorie, mais d’une expérience traversée.
C’est en cela que certaines personnes deviennent, malgré elles, de précieux ambassadeurs du respect, de la prévention ou du refus de la violence.
Il arrive aussi que certaines personnes trouvent, dans ce qu’elles ont traversé, une manière plus consciente, plus attentive et plus juste d’aimer, d’accompagner ou de protéger.
On ne remercie pas la tempête. Mais on peut reconnaître la force, l’intelligence et la valeur de celui ou celle qui a appris à la traverser… et qui, ensuite, aide d’autres à ne pas s’y perdre.

Et peut-être pouvez-vous simplement vous demander, sans vous forcer :
quelle qualité ai-je développée au fil de ce que j’ai traversé ?
Rédigé par mes soins assisté par ChatGPT pour les images

