Le mot « ericksonienne » figure souvent à côté du mot « hypnose ». Il peut donner l’impression d’une méthode bien définie, avec une suite d’étapes que tous les praticiens appliqueraient de la même manière.
L’approche issue du travail de Milton H. Erickson accorde justement une place importante à l’adaptation à chaque personne : sa façon de parler, ses expériences, ses difficultés et les possibilités déjà présentes dans sa vie. Les métaphores et les suggestions indirectes font partie des outils associés à cette tradition. [1]
Autrement dit, la rencontre commence avec vous, pas avec un scénario que vous devriez suivre à la lettre.
Partir de la personne que l’on rencontre
Une même expression peut avoir des sens très différents. Pour quelqu’un, « retrouver de la liberté » signifie oser dire non. Pour un autre, cela signifie pouvoir sortir sans anticiper toutes les difficultés possibles.
Avant de proposer un exercice, il est donc utile de comprendre ce que les mots recouvrent. L’objectif est de construire le travail à partir de votre expérience.
Imaginons deux personnes qui préparent une prise de parole. L’une est surtout gênée par les sensations physiques de stress ; l’autre redoute de ne pas trouver les mots. Leurs préoccupations invitent à explorer des pistes différentes, même si leur demande semble identique au départ.
À quoi servent les suggestions ?
Une suggestion propose une expérience : porter attention à une sensation, envisager une possibilité ou imaginer une façon d’aborder une situation.
Sa formulation peut laisser une marge d’exploration. « Vous pourriez remarquer un endroit où le corps est un peu plus confortable » n’impose pas de ressentir immédiatement une détente complète.
Ce type de proposition permet au praticien et à la personne d’observer ce qui se passe. Si elle ne convient pas, le travail peut être ajusté. Une tournure indirecte n’est pas, en elle-même, une garantie d’efficacité.
Le caractère permissif du langage peut accompagner une expérience intense. Laisser de la place à votre réponse ne signifie pas que les sensations ou les phénomènes hypnotiques seront forcément discrets.
Pourquoi raconter des histoires ou utiliser des images ?
Une métaphore peut rendre une difficulté plus facile à regarder. Évoquer une pièce encombrée, par exemple, peut ouvrir une discussion sur l’espace dont on a besoin dans sa vie.
Mais l’image ne possède pas une signification universelle. Pour une personne, une porte ouverte évoque une possibilité ; pour une autre, elle évoque un manque de sécurité. Il est donc important de ne pas décider trop vite à sa place de ce que l’histoire devrait vouloir dire.
Et si l’on vous propose d’imaginer une plage alors que vous détestez le sable, autant le dire : les vacances ne sont pas obligatoires pour faire de l’hypnose !
La curiosité garde ici toute son utilité : qu’est-ce que cette image vous évoque, à vous ? Une sensation, un souvenir agréable, une idée ou une autre image peuvent offrir un point de départ plus adapté.
Une approche à replacer dans son cadre
L’étiquette « ericksonienne » ne permet pas à elle seule de connaître la formation d’un praticien ni les résultats que l’on peut attendre. Les données scientifiques sur l’hypnose doivent être examinées selon les indications et les interventions étudiées. [2]
Pour choisir un accompagnement, intéressez-vous aussi aux explications données, au respect de vos choix, à la manière de définir les objectifs et aux limites annoncées.
Une approche personnalisée se reconnaît notamment à la place laissée à vos réponses. Elle commence avec une personne réelle, dans une situation réelle, et un objectif qui mérite d’être compris.
Pour prolonger cette lecture, découvrez comment se déroule une séance d’hypnose et l’article consacré aux métaphores.
Repères documentaires : [1] Milton H. Erickson Foundation, Ericksonian Hypnosis and Therapy Techniques. [2] Inserm, Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose, rapport de 2015.

