Les métaphores (3/3)

une même histoire peut en cacher une autre

Depuis quelque temps, nous explorons ensemble la richesse des métaphores.


Ce qui les rend si intéressantes, c’est qu’elles ne figent jamais complètement le sens. Elles n’imposent pas une vérité unique, elles ouvrent des pistes, c’est d’ailleurs ce qui les rapproche de certains contes.


Prenons Blanche-Neige et les sept nains.

On peut y voir une histoire pour enfants ou une traversée symbolique.

On peut aussi y lire, si l’on en a envie, l’histoire intérieure d’une seule et même personne : Blanche-Neige, la reine, le miroir, la forêt, les nains… autant de facettes possibles d’un monde intérieur en mouvement. Et c’est précisément cela qui fait la force des récits métaphoriques :

une même histoire peut être entendue à plusieurs niveaux.


Elle peut toucher une émotion.

Éclairer une situation.

Faire surgir un lien inattendu.

Parfois, elle met en lumière quelque chose de très simple, mais que l’on ne voit pas toujours sur le moment : certaines difficultés ne se renforcent pas seulement à cause d’elles-mêmes… mais aussi à cause de la manière dont on leur répond.

C’est dans cet esprit que je vous propose aujourd’hui une autre histoire. Une histoire très différente de Blanche-Neige, bien sûr, mais une histoire qui, elle aussi, peut être entendue de plusieurs façons.


L’histoire d’un voyageur… et d’un danger très particulier.


Le voyageur et le sable mouvant


Un voyageur marchait seul dans une grande plaine sableuse.

Le chemin était calme, le ciel dégagé, et rien ne semblait annoncer le moindre danger.


Puis, soudain…
son pied s’enfonça.

Il voulut aussitôt le retirer.

Mais en tirant dessus, l’autre pied s’enfonça à son tour.

En quelques secondes, il comprit.


C’était du sable mouvant.


Pris de panique, il se mit à se débattre.

Il tira de toutes ses forces sur ses jambes.

Il agita les bras.

Il força, encore et encore, pour tenter de se dégager.


Mais plus il luttait…

plus il s’enfonçait.


Le sable monta jusqu’à ses genoux.

Alors il paniqua davantage encore.


Il tira plus fort.

Il s’agita plus vite.


Et le sable monta jusqu’à sa taille.

À ce moment-là, un vieil homme, qui passait au loin, aperçut le voyageur.

Il s’approcha et lui cria :


— « Arrête ! »


Le voyageur lui répondit, affolé :

— « Je ne peux pas ! Je vais m’enfoncer ! »


Le vieil homme secoua la tête.

— « Justement. »


Mais le voyageur continua à lutter.


Alors le vieil homme cria plus fort :


— « Si tu veux sortir, arrête de te battre contre le sable ! »


Le voyageur finit par s’immobiliser.


Le vieil homme reprit, d’une voix plus calme :


— « Allonge-toi. »


Le voyageur hésita.


Cela lui paraissait absurde.

S’allonger sur ce qui l’avalait déjà ?


Mais, n’ayant plus d’autre choix, il suivit enfin le conseil.


Et, à sa grande surprise…

son corps cessa de s’enfoncer.

Le sable le portait.

Le vieil homme lui dit alors :


— « Maintenant, bouge lentement…

et laisse le sable te soutenir. »

Peu à peu, le voyageur se mit à flotter davantage.

Avec des gestes lents, il parvint finalement à rejoindre la terre ferme.


Encore essoufflé, il regarda le vieil homme et demanda :


— « Alors… le sable mouvant n’est pas dangereux ? »


Le vieil homme réfléchit un instant.


Puis il répondit :


— « Si. »

Il regarda le sable autour d’eux.

Et ajouta calmement :

— « Surtout pour ceux qui paniquent. »


Découvrez une histoire métaphorique autour du sable mouvant, de l’hypnose et de la manière dont certaines luttes peuvent parfois entretenir ce que l’on cherche à apaiser.


Surprenant, n’est-ce pas ?


En séance, une lecture assez classique de cette métaphore pourrait être la suivante :

plus on lutte contre un symptôme, plus on risque parfois de le renforcer.


On pourrait penser, par exemple, à certaines personnes qui veulent à tout prix ne plus ressentir une angoisse, ne plus penser à une idée envahissante, ne plus sentir un inconfort, ne plus avoir peur… et qui découvrent, malgré elles, que cette lutte permanente finit parfois par nourrir ce qu’elles voudraient voir disparaître.


Mais, comme pour les contes, ce serait sans doute réducteur de s’arrêter à une seule lecture.

Une métaphore ne se ferme pas.

Elle ouvre.

Et selon l’histoire, le moment ou la sensibilité de chacun, elle peut résonner de manière très différente.


Je serais curieux de savoir ce que celle-ci vous évoque.

Si vous en avez envie, n’hésitez pas à partager votre interprétation en commentaire.

Rédigé par mes soins, avec assistance de ChatGPT pour les images.

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