Histoire de l’hypnose

De la Magie Antique à la Science Moderne (Voyage Express)

Oubliez les pendules qui oscillent et les regards hypnotiques de dessins animés. L'hypnose, la vraie, celle qui est aujourd'hui utilisée dans les hôpitaux, a une histoire fascinante. Elle a longtemps frôlé la magie et le mysticisme avant d'embrasser la science. Comment est-on passé des transes rituelles à un outil thérapeutique reconnu ?

Prêts pour un voyage éclair dans le temps ? C’est parti.

Avant le nom : Les transes ancestrales

Bien avant que le mot "hypnose" n'existe (le terme n'apparaît qu'au 19ème siècle), l'état de transe était déjà là. C'est le "proto-hypnotisme". Des temples du sommeil de l'Égypte antique aux rituels chamaniques sibériens, en passant par les oracles grecs, l'humanité a toujours utilisé ces états de conscience modifiée. À l'époque, on ne parlait pas de cerveau, mais de communication avec les dieux ou les esprits pour guérir. Le cadre était mystique, mais le mécanisme cérébral était déjà le même.

Le tournant théâtral : Mesmer et le "Magnétisme Animal"

Saut dans le temps : Vienne, puis Paris, fin du 18ème siècle. Arrive Franz Anton Mesmer, un personnage aussi génial que controversé. Il ne parle pas d'hypnose, mais de "magnétisme animal" (le terme est juste : "animal" dans le sens "animé", propre au vivant, et non bestial). Sa théorie ? Un fluide universel relie les êtres vivants. La maladie est un blocage de ce fluide. Mesmer organise des séances collectives très théâtrales autour de "baquets" magnétisés pour provoquer des crises salutaires chez ses patients. C'est le début du spectacle, mais c'est surtout la première fois qu'on tente une approche "laïque" de ces phénomènes, même si sa théorie du fluide sera plus tard invalidée par les scientifiques de l'époque (dont Benjamin Franklin !).

Le grand duel du 19ème : Paris contre Nancy

C'est en France, au 19ème siècle, que l'hypnose gagne ses galons scientifiques, mais au prix d'une lutte acharnée entre deux visions opposées. Fini le fluide mystique, place à l'observation clinique. Le ring ? Deux grandes écoles :

L'École de la Salpêtrière (Paris) : Le camp de la pathologie. Le patron, c'est le célèbre neurologue Jean-Martin Charcot. Pour lui, l'hypnose est un état anormal, une sorte de névrose artificielle propre aux hystériques. Pour Charcot, si vous êtes hypnotisable, c'est que vous avez un problème neurologique !

L'École de Nancy : Le camp de la suggestion. En face, le docteur de campagne Auguste Liébeault et le professeur Hippolyte Bernheim proposent une vision révolutionnaire. Pour eux, l'hypnose est un état naturel, accessible à (presque) tous, basé sur la "suggestion". C'est un outil thérapeutique, pas une maladie.

Le vainqueur ? C'est l'école de Nancy qui a remporté la bataille des idées sur le long terme. L'hypnose moderne est l'héritière directe de cette vision basée sur la suggestion et les capacités naturelles du cerveau.

Le grand passage à vide : L'éclipse chimique

Pourtant, au tournant du 20ème siècle, l'hypnose manque de disparaître purement et simplement. Les coupables ? Les progrès fulgurants de la médecine moderne et de la chimie. Avec l'invention des gaz anesthésiants comme l'éther ou le chloroforme, les chirurgiens n'ont plus le temps (ni le besoin) de pratiquer de longues inductions hypnotiques pour opérer sans douleur : un masque sur le visage, et le patient dort instantanément. Plus tard, l'arrivée massive des médicaments psychotropes (antidépresseurs, anxiolytiques) porte un deuxième coup dur à l'hypnose dans le domaine de la santé mentale. Pourquoi prendre le temps de parler à l'inconscient quand une "pilule magique" semble offrir une solution rapide ?

L'hypnose retourne alors dans l'ombre, souvent reléguée au rang de curiosité de music-hall.

L'hypnose aujourd'hui : La renaissance et les blocs opératoires

Il faudra attendre le milieu du 20ème siècle pour que le psychiatre américain Milton Erickson vienne dépoussiérer et ressusciter la discipline. Oubliez l'hypnotiseur autoritaire qui claque des doigts ! L'hypnose "ericksonienne" (la plus pratiquée aujourd'hui) devient conversationnelle, douce et sur-mesure.

Son principe ? Le patient possède déjà en lui toutes les ressources pour aller mieux ; l'état hypnotique n'est qu'une clé pour y accéder. Aujourd'hui, l'hypnose a définitivement quitté le terrain de la croyance pour celui de la science clinique. Grâce à l'imagerie médicale (IRM), on peut littéralement voir un cerveau sous hypnose : il ne dort pas, il est dans un état fascinant d'hyper-concentration et de relaxation profonde.

Que ce soit dans les cabinets pour traiter les phobies, le stress ou les addictions, ou de nouveau dans les blocs opératoires de nos hôpitaux pour réaliser des chirurgies sans anesthésie générale (ironie de l'histoire !), l'hypnose est devenue un outil médical incontournable. Une belle revanche scientifique pour un phénomène qui a si longtemps flirté avec la magie.

Surprenant n'est ce pas ?

Article concu par mes soins et mis en forme à l'aide de GEMINI, image GEMINI

Ce survol historique est volontairement trés condensé : il n'a pas la prétention d'être une référence académique exhaustive, mais plutot de piquer votre curiosité. Au plaisir d'en discuter et d'approfondir le sujet avec vous.