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Bonne nouvelle.
Après des années de recherches, d'observations, de séances, de lectures, d'expériences, de remises en question et de tasses de café beaucoup trop nombreuses, j'ai enfin trouvé la méthode universelle.
Celle qui convient à tout le monde.
Celle qui fonctionne à 100 %.
Celle qui s'adapte à chaque problème, chaque personnalité, chaque histoire, chaque blocage, chaque peur, chaque douleur, chaque habitude et chaque objectif.
Une méthode simple, rapide, efficace, garantie, sans nuance, sans surprise et sans même avoir besoin de comprendre quoi que ce soit.
Bref.
La méthode parfaite.
Le Protocole U.H.O.T - Universal Hypnocize One-shot Therapy
Il ne me reste plus qu'à vous la présenter.
…
Bon.
En réalité, elle n'existe pas.
Et c'est précisément pour cela qu'il me semble important d'en parler.
La méthode que tout le monde aimerait trouver
Cette fameuse méthode universelle, on la cherche souvent. Parfois du côté des personnes qui souhaitent être accompagnées. Parfois du côté des thérapeutes eux-mêmes.
On la voit régulièrement passer sur Internet, sous des formes plus ou moins séduisantes :
« Cette méthode révolutionnaire. »
« Ce protocole qui change tout. »
« Cette technique qui fonctionne à tous les coups. »
« Cette approche adaptée à tous les profils. »
C'est attirant, forcément. Quand on souffre, quand on tourne en rond ou quand on souhaite changer quelque chose depuis longtemps, l'idée d'une solution simple, directe et presque automatique a quelque chose de très rassurant. Et lorsqu'on accompagne les autres, il est tout aussi tentant de se dire que l'on possède enfin « la bonne méthode ». Celle qui donnera l'impression d'avoir une clé passe-partout dans la poche.
Sauf qu'un être humain n'est pas une porte standardisée. Et encore moins une serrure Ikea accompagnée d'une notice en six langues.
Un même problème… en apparence
Deux personnes peuvent venir pour ce qui semble être exactement le même problème et pourtant vivre quelque chose de complètement différent.
Deux personnes peuvent dire :
« Je veux arrêter de fumer. »
Chez l'une, la cigarette peut être liée à une habitude ancienne, installée presque mécaniquement dans le quotidien. Chez une autre, elle peut être un refuge. Chez une autre encore, une manière de faire une pause, de gérer une émotion, ou simplement de se donner l'impression de tenir debout.
Même objectif apparent. Mais pas forcément la même histoire ni la même fonction.
Et c'est là que la méthode universelle commence déjà à trembler un peu.
Partie X contre partie Y
Je me souviens de mes débuts en hypnose.
À cette époque, j'avais appris certains protocoles. Je savais les dérouler, je connaissais l'ordre des étapes et le moment d'intervenir.
Enfin…
Je croyais savoir.
Un jour, une dame accepte de venir faire une séance avec moi, gracieusement, afin de me permettre de tester ma pratique. Elle a un objectif précis et, dans mon esprit de jeune praticien enthousiaste, c'est évident : j'ai le protocole parfaitement adapté. Celui qu'il faut. Celui qui tombe à pic. Celui que je vais pouvoir sortir de ma boîte à outils avec la satisfaction discrète de celui qui pense avoir trouvé la bonne clé.
L'accompagnement sous hypnose se passe très bien. La personne entre rapidement dans l'expérience et se laisse facilement guider.
Jusque-là, tout va bien.
Puis arrive le moment du travail.
Je lui propose alors un recadrage en six points. Sauf qu'au lieu de nommer clairement les parties concernées par leur fonction — par exemple « la partie responsable du stress » ou « la partie qui a besoin de relâcher » — je les appelle simplement…
Partie X et partie Y.
Oui.
Partie X.
Partie Y.
Avec le recul, je me dis que tout cela aurait pu ressembler à une sorte de charabia hypnotique mystérieux, façon équation psychologique improvisée.
Et pourtant, la séance s'est bien déroulée. La dame a atteint ses objectifs.
Mais cette expérience m'a appris quelque chose d'important. Ce n'est pas parce qu'un protocole fonctionne une fois qu'il devient une méthode universelle. Et ce n'est pas parce qu'une personne atteint son objectif que le praticien a nécessairement compris toute la finesse de ce qui s'est joué.
Parfois, cela fonctionne aussi parce que la personne est prête. Parce qu'elle mobilise ses propres ressources. Parce que quelque chose, en elle, trouve son chemin malgré les maladresses d'un praticien débutant et ses mystérieuses parties X et Y.
C'est peut-être à ce moment-là que l'on commence réellement à apprendre.
« Tu vas voir, moustique… »
Un autre souvenir me revient. Celui-là est beaucoup plus drôle.
À une période, j'apprenais à réaliser des ruptures de pattern. Il s'agit de techniques de mise sous hypnose très rapides qui utilisent notamment la surprise, la confusion, la saturation et surtout le bon timing.
Sur le papier, c'est très simple.
Enfin…
Sur le papier.
La technique consistait à placer ma main devant la personne, paume vers le haut, puis à lui demander de poser sa main sur la mienne, paume contre paume. Je devais ensuite prononcer différentes suggestions tout en demandant à la personne d'appuyer progressivement de plus en plus fort sur ma main. Pendant ce temps, il fallait observer attentivement son visage.
L'objectif était de repérer le moment où elle commençait à saturer ou à fatiguer. Ses traits devaient peu à peu se relâcher, voire s'affaisser légèrement. À cet instant précis, je devais lâcher sa main par surprise et placer immédiatement une suggestion.
Une technique rapide, précise et, dans l'enthousiasme des débuts, presque infaillible. La fameuse technique qui « marche à tous les coups ».
Sauf que ce jour-là, j'ai choisi précisément la personne avec laquelle il ne fallait pas la tester.
Un exploitant agricole.
Deux mètres de haut.
Cent trente kilos de muscles bruts.
Deux fois plus large que moi et probablement cinq fois plus fort.
Je commence donc l'exercice avec tout le sérieux du praticien qui applique consciencieusement son protocole. Je parle. Je suggère. Je lui demande d'appuyer de plus en plus fort. Et j'observe son visage.
Sauf que le changement attendu n'arrive absolument pas.
Pas d'affaissement.
Pas de relâchement.
Pas le moindre signe subtil de fatigue.
À la place, je vois apparaître un tout autre phénomène. Le monsieur se prend au jeu. Il appuie vraiment. Puis encore plus fort. Ses traits se crispent et son visage semble me dire :
« Tu vas voir, moustique, je vais t'écraser. »
Et moi, au lieu d'adapter l'exercice ou simplement de reconnaître que la situation ne prenait pas du tout la direction prévue, je reste accroché à mon protocole. J'attends. J'attends que son visage s'affaisse. J'attends que la fameuse fenêtre hypnotique apparaisse.
Sauf qu'en réalité, la seule chose qui était en train de s'affaisser, c'était probablement ma dignité musculaire.
Évidemment, il m'a battu à plate couture. Et la technique censée fonctionner « à tous les coups » n'a pas du tout produit l'effet escompté.
Alors j'ai fait ce qu'il y avait de plus raisonnable à faire.
J'ai changé de méthode universelle.

Quand le protocole devient plus important que la personne
Cette expérience m'a beaucoup appris.
Une technique peut être excellente dans un certain contexte, avec une certaine personne et à un certain moment. Mais si l'on reste accroché au protocole alors que tout indique que la personne ne vit absolument pas ce que l'on avait imaginé, on ne pratique plus réellement l'hypnose. On essaie de faire entrer quelqu'un dans une case.
Et parfois, la case se fait écraser.
Un protocole n'est pas forcément mauvais. Il peut fournir une direction, une structure, un cadre d'exploration et parfois une certaine sécurité, pour le praticien comme pour la personne accompagnée. Mais il devrait rester une trame. Une trame que l'on peut suivre, modifier, ralentir, détourner, interrompre ou reprendre autrement.
Le protocole doit rester au service de la personne. Pas l'inverse.
Une boîte à outils plutôt qu'un outil universel
Utiliser une seule méthode pour accompagner tout le monde, ce serait un peu comme vouloir réparer toute sa maison avec un unique tournevis. Dans certaines situations, cela peut suffire. Mais il risque rapidement d'être beaucoup moins efficace lorsqu'il faudra planter un clou, couper une planche, mesurer un angle ou débloquer un mécanisme récalcitrant.
Posséder une bonne boîte à outils permet de choisir celui qui semble le plus approprié à la réparation envisagée. Et lorsque la difficulté résiste, il devient parfois nécessaire d'utiliser plusieurs outils à la fois.
En bricolage, par exemple, lorsqu'une vis est abîmée et refuse obstinément de sortir, on peut continuer à tourner le tournevis en espérant qu'elle finira par se montrer raisonnable. Ou bien on peut utiliser en même temps le petit côté d'un marteau pour faire levier et aider le tournevis à la déloger. Ce n'est peut-être pas la façon la plus académique d'utiliser un marteau. Mais c'est parfois celle qui fonctionne.
Dans l'accompagnement, c'est un peu la même chose. Posséder plusieurs outils ne signifie pas devoir tous les utiliser à chaque séance. Cela permet simplement de ne pas rester démuni lorsque celui que l'on avait choisi ne correspond pas à la situation, ou de pouvoir l'associer à un autre lorsque cela devient utile.
La qualité de la boîte à outils compte. Mais la capacité à observer ce qui se passe, à choisir, à combiner et parfois à détourner intelligemment un outil de son usage habituel compte tout autant.
La méthode apportée par la personne elle-même
Avec le temps, j'ai fini par comprendre quelque chose d'assez simple.
La vraie méthode universelle, finalement, serait peut-être d'arrêter de chercher une méthode universelle.
Car à partir du moment où l'on écoute réellement la personne, où l'on tient compte de son histoire, de ses ressources, de ses résistances et de son rythme, on n'applique plus une recette toute faite. On adapte. On ajuste. On explore. On cherche le bon chemin avec elle.
Et c'est là que la promesse change complètement.
Ce n'est plus : « J'ai une méthode qui marche pour tout le monde. »
C'est plutôt : « Je n'ai pas besoin que vous rentriez dans ma méthode. C'est la méthode qui va s'adapter à vous. »
La méthode la plus « universelle » que j'utilise aujourd'hui est souvent celle que la personne m'apporte elle-même. Pas toujours clairement, bien sûr. Elle ne vient pas forcément avec une notice, un plan détaillé, trois schémas et une conclusion en bas de page. Elle vient avec ses mots, ses images, ses blocages, ses ressources et sa propre manière de comprendre le monde. Et souvent, une grande partie du chemin se trouve déjà là.
Mon travail n'est donc pas de plaquer une solution toute faite sur son histoire. Ce serait pourtant tentant, et même très confortable. Il suffirait de se dire : « J'ai déjà rencontré ce problème, donc je sais quoi faire. » Sauf que deux personnes peuvent utiliser exactement les mêmes mots tout en vivant des réalités complètement différentes.
J'essaie donc surtout de guider la personne. De l'aider à écouter autrement ce qui se passe en elle, à explorer ses propres pistes, à mobiliser ses propres ressources, à trouver ses propres solutions.
Cette manière de penser rejoint celle de Milton Erickson, qui a profondément marqué l'hypnose par une approche permissive et personnalisée — une façon de travailler dans laquelle le praticien n'impose pas de solution, mais aide la personne à découvrir les siennes. Une solution imposée de l'extérieur peut sembler brillante sur le moment. Mais si elle ne correspond pas réellement à la personne, elle risque de rester à la surface.
Plusieurs portes plutôt qu'une seule clé
C'est aussi pour cette raison que, dans mon livret *Un temps pour soi*, j'ai préféré proposer six techniques différentes plutôt qu'une seule méthode prétendument universelle. Cela ne garantit pas un résultat, mais augmente les chances que chacun puisse trouver une porte d'entrée qui lui corresponde.
Une certitude parmi toutes les possibilités
Depuis que j'étudie l'hypnose et les thérapies brèves, une croyance s'est profondément ancrée en moi : les certitudes peuvent, à un moment ou à un autre, produire des effets négatifs chez la personne qui les porte. Une certitude peut rassurer. Mais elle peut aussi enfermer, empêcher d'envisager une autre possibilité ou nous pousser à vouloir faire entrer la réalité dans ce que nous avions prévu.
C'est pourquoi je privilégie souvent les mots qui laissent une porte ouverte :
« Je pense que… »
« Je crois que… »
« Peut-être que… »
« Il est possible que… »
Non pas parce que je ne crois pas au changement. Mais parce que je préfère laisser de la place à ce que je ne connais pas encore.
Il existe pourtant une certitude que vous pourrez m'entendre exprimer en séance.
Lorsque vous venez me voir et que vos objectifs ont été clairement définis, je ne sais pas nécessairement, dès le départ, par quel chemin nous allons avancer. Je ne sais pas quelle technique sera la plus adaptée. Je ne sais pas toujours combien d'étapes seront nécessaires.
Mais je sais que vous avez en vous tout ce qu'il faut.
Et je sais que vous pouvez réussir.


