Pourquoi l'hypnose fonctionne bien avec les enfants
L'hypnose thérapeutique repose sur un principe simple : accéder à cette partie de nous qui fonctionne en dehors du raisonnement conscient, celle qui gère nos émotions, nos réflexes, nos croyances profondes. Chez l'adulte, on passe parfois un bon moment à négocier avec le mental critique pour y accéder.
Chez l'enfant, la porte est souvent grande ouverte.
Les enfants vivent naturellement dans un état proche de la transe hypnotique. Ils plongent dans leurs jeux, dans leurs histoires, dans leur imaginaire avec une facilité déconcertante. Le filtre critique — cette petite voix qui dit « c'est pas possible » ou « je ne suis pas sûr que ça marchera » — est encore peu développé. Le cerveau est plus plastique, plus réceptif, plus rapide à intégrer de nouvelles façons de voir les choses.
En pratique, les suggestions thérapeutiques s'installent souvent plus vite et plus profondément chez l'enfant que chez l'adulte.
Comment je travaille avec les enfants
Je reçois les enfants à partir de 6 ans. Ma façon de travailler s'adapte complètement à eux. On ne fait pas la même séance qu'avec un adulte.
Des histoires et des métaphores
Pas question de parler d'« anxiété de séparation » ou de « schémas cognitifs ». On passe par les histoires. Un personnage qui traverse une forêt sombre. Un super-héros qui découvre une nouvelle capacité. Une petite bête dans le ventre qui finit par se calmer. Les métaphores parlent directement à la partie de l'esprit qui a besoin d'entendre quelque chose de nouveau — sans déclencher de résistance.
Des jeux et des ancrages
Le jeu fait partie du travail. Un ancrage peut devenir un « geste magique ». Une technique de relaxation peut se transformer en voyage vers un endroit secret. Ce qui compte, c'est que l'enfant soit acteur, pas spectateur.
Il m’est arrivé, par exemple, d’accompagner un enfant qui avait beaucoup de difficulté à manger autre chose que quelques aliments très précis. Dans son cas, les saucisses Knacki faisaient partie des aliments “autorisés”. Le reste, c’était beaucoup plus compliqué.
En discutant avec lui, je lui ai demandé ce qui se passait à l’intérieur quand on imaginait approcher un aliment différent de sa bouche. Il a montré sa gorge et m’a dit :
“Ça bloque ici.”
Je lui ai alors demandé :
“Et si ce qui bloque ici voulait te dire quelque chose, ce serait quoi ?”
Sa réponse a été immédiate :
“C’est le soldat qui dit feu rouge.”
Très bien. Nous avions donc un soldat, un feu rouge, et quelque part un système de sécurité interne qui décidait ce qui passait ou non.
Je lui ai demandé ce qui se passait avec les saucisses Knacki.
“Feu vert.”
À partir de là, le travail pouvait commencer. Pas en lui expliquant qu’il fallait “être raisonnable” ou “faire un effort”, mais en entrant dans son fonctionnement à lui.
Je lui ai proposé d’imaginer que le soldat pouvait s’asseoir sur une chaise, comme s’il était vraiment là. Puis je lui ai demandé ce qu’il aurait envie de dire à ce soldat.
C’est là que l’enfant a amené lui-même une autre partie de son imaginaire :
“Je suis le roi, et je veux des feux verts.”
À partir de ce moment-là, nous avions donc deux personnages créés par lui : le soldat qui mettait des feux rouges ou des feux verts, et le roi qui pouvait lui donner des consignes.
Je lui ai proposé de changer de chaise pour devenir le soldat et écouter ce que le roi venait de dire.
Le soldat était d’accord avec la consigne, mais il ne savait pas encore comment faire.
Alors nous avons demandé au roi.
Et là, sans que j’aie besoin de diriger davantage, l’enfant s’est mis à négocier lui-même entre le roi et le soldat. Il changeait de chaise, passait d’un rôle à l’autre, presque à toute vitesse. Le roi donnait ses consignes, le soldat posait ses questions, et l’enfant construisait sa propre solution.
Je l’ai laissé faire.
Parce qu’à ce moment-là, le travail était en train de se faire. Pas dans une explication rationnelle, mais dans son imaginaire, avec ses personnages, ses règles et sa logique interne.
À la fin, nous avons repris ensemble ce qui venait de se passer, puis je lui ai proposé de réintégrer ce soldat, maintenant enrichi par la discussion avec le roi.
J’ai ensuite été chercher quelques aliments très différents de ses habitudes, notamment des biscuits et des amandes. Il a activé ses “feux verts” et a accepté de goûter.
Et là, surprise : c’était bon.
Quelques jours plus tard, j’ai eu des nouvelles. Tout n’était pas devenu parfait d’un coup, bien sûr. Il y avait encore des hauts et des bas. Mais son alimentation s’était enrichie, et surtout, il avait emprunté un nouveau chemin face à ce problème.
C’est exactement cela, travailler avec un enfant : utiliser son monde à lui pour l’aider à créer une solution qui lui appartient.

Un rapport fort et un rythme adapté
Les enfants sont de très bons détecteurs d'authenticité. Je prends le temps de créer le lien avant de commencer quoi que ce soit de thérapeutique — on parle de ce qu'il aime, de ce qui le fait rire. Et parce que leur concentration est naturellement plus courte, les séances sont rythmées différemment : plus de variations, moins de longs moments statiques.
Les limites à connaître
L'hypnose n'est pas une baguette magique, et certains jours, certains enfants ne sont tout simplement pas disponibles pour travailler.
Un enfant fatigué sera peu réceptif. Un enfant très agité ce jour-là aura du mal à être suffisamment disponible — et sans cette disponibilité minimale, difficile de créer quelque chose ensemble.
Et surtout : un enfant qui n'a pas vraiment envie d'être là résistera — passivement ou activement.
Ce dernier point mérite qu'on s'y arrête.
Il m'est arrivé qu'un parent m'assure que son enfant était « très favorable » à la séance. À l'arrivée, l'enfant n'a pas voulu sortir de la voiture. Une fois sorti, il tournait autour de moi pour m'éviter à tout prix. Le message était limpide.
Ce genre de situation rappelle une chose essentielle : l'accord de l'enfant ne se délègue pas. Ce n'est pas parce qu'un parent pense que son enfant est partant que c'est réellement le cas. Les enfants ont mille façons de dire oui pour faire plaisir, et mille façons de dire non le jour J.
C'est pourquoi je demande systématiquement que l'enfant soit informé à l'avance de ce qu'on va faire — de façon simple, sans pression, par exemple : « Est-ce que tu es d'accord pour rencontrer un monsieur qui m'a dit qu'il allait t'aider à développer tes super pouvoirs pour... » — et que son accord soit vérifié directement avec lui, pas seulement supposé. Si un enfant arrive sans envie, la séance ne se fait pas. Ce n'est pas un échec : c'est du respect.
Autre point important : quand la résistance semble profonde, ou quand la dynamique familiale me paraît centrale dans ce que vit l'enfant, il m'arrive de proposer de travailler d'abord — ou en parallèle — avec un ou les deux parents. Ce n'est pas un jugement sur l'enfant : c'est reconnaître que son environnement affectif fait partie de sa thérapie.
Un mot important pour vous, les parents
La séance ne se termine pas quand vous repartez. Ce qui se passe dans les heures et les jours qui suivent compte énormément.
Ne demandez pas sans cesse à votre enfant « alors, tu te sens mieux ? » ou « ça a marché ? ». Ces questions, même bien intentionnées, créent une pression. Elles invitent l'enfant à évaluer quelque chose qui n'a pas besoin d'être évalué — du moins pas si tôt. Elles peuvent aussi semer le doute là où une graine vient d'être plantée.
Laissez le travail se faire.
Si vous observez un changement positif — une nuit plus calme, moins de tensions le matin, plus de légèreté face à la situation difficile — vous pouvez le notifier en félicitant votre enfant. Mais de façon positive, légère, factuelle, sans en faire un événement. Par exemple : « Tu as bien dormi cette nuit, je suis très contente pour toi. » Ou encore : « Tu as retrouvé du courage pour retourner à l'école, je suis fière de toi. »
Et si vous avez vous-mêmes des doutes sur l'efficacité de l'hypnose, c'est tout à fait légitime. Mais gardez ces doutes pour vous, ou parlez-en avec moi. Les partager avec votre enfant après la séance peut effacer en quelques phrases ce qu'on a construit ensemble.
Votre rôle dans le processus est aussi important que le mien. Vous êtes le terrain dans lequel l'enfant pousse.
À quoi peut-on s'attendre ?
Chaque enfant est différent. Cela dit, voici les domaines où l'hypnose donne souvent de très bons résultats :
— Peurs et phobies (obscurité, chiens, séparation, médecin, sports…)
— Anxiété scolaire, stress avant les évaluations
— Troubles du sommeil, difficultés à s'endormir
— Énurésie nocturne
— Maux de ventre fonctionnels, migraines de tension
— Manque de confiance en soi
— Accompagnement de deuils, séparations ou changements importants
Les effets peuvent être rapides, parfois dès la première séance. Parfois, le travail demande plusieurs rencontres, surtout si la problématique est installée depuis longtemps. Je préfère vous donner une image honnête plutôt que des promesses.

Un enfant n’a pas besoin qu’on répare son cerveau. Il a besoin de découvrir qu’il peut le faire lui-même.
**Rédigé par mes soins assisté par ChatGPT pour les images**

